Enneigement légèrement excédentaire sur l'hémisphère nord

Alors que nous sommes entrés dans le printemps météorologique, la couverture neigeuse de l’hémisphère nord ne va pas tarder à se réduire rapidement en réponse à la hausse de l’insolation. La rapidité à laquelle ce retrait va se faire sera à suivre de près au cours des mois prochains. En attendant, le bilan concernant les deux derniers mois de l’hiver météorologique présente un léger excédent d’enneigement.

La couverture de neige sur l’hémisphère nord a été légèrement excédentaire par rapport à la normale au cours des mois de janvier et février derniers. Janvier 2018 termine avec une extension neigeuse de presque 47 millions de km², dont 29 millions se situaient sur le continent Eurasien et 17,5 millions sur l’Amérique du Nord. Les valeurs n’ont pas beaucoup évolué au cours du mois de février avec environ 46 millions de km² sur l’hémisphère, dont 28,8 millions et 17,4 millions se trouvaient sur le territoire Eurasien et en Amérique du nord respectivement. Précisons que ces valeurs mensuelles correspondent à l’étendue de la zone ou au moins 10 % des jours du mois ont connu la présence de neige au sol.

Sur les graphiques suivants, nous pouvons apprécier les anomalies mensuelles des mois de janvier (haut) et février (bas) depuis le début des observations (par rapport à la moyenne 1981-2010). Finalement, cette année les conditions sont restées très proches de la norme, un peu au-dessus notamment pour février. On notera que durant les mois d’hiver, il y a une légère tendance à la hausse de la couverture de neige sur l’hémisphère ou du moins une absence certaine de diminution sur cette période (1967-2018). Cela contraste fortement avec la baisse marquée de celle-ci durant le printemps et l’été. La réponse du manteau neigeux au réchauffement global présente donc un caractère asymétrique selon les saisons.



Passons désormais à la répartition spatiale des anomalies pour janvier 2018 (haut) et février 2018 (bas). Les anomalies sont calculées comme l’écart en pourcentage à la moyenne 1981-2010 (déficits en brun-orangé, excédents en bleu). Sur la première figure, on note un dipôle méridien en Amérique du nord. L’Eurasie présente une ceinture proche des normes ou légèrement déficitaire depuis le sud asiatique vers l’Europe mais un fort excédent lorsque l’on se dirige vers l’est/sud-est. Dans l’ensemble, les anomalies se compensent ce qui laisse un très faible résidu positif comme on l’a vu sur le graphique plus haut.

Sur la deuxième figure on note une augmentation limitée mais effective des excédents en moyenne sur l’hémisphère. Cela est bien visible en Europe par exemple, où des conditions bien plus hivernales se sont manifestées en dernière décade avec l'arrivée d'épisodes neigeux plus généralisés. Le dipôle en Amérique s'est partiellement essoufflé de par la diminution des zones en déficits. 

À mesure que nous entrons dans le printemps météorologique et que la saison de fonte se met en place, il faudra s’attendre à une augmentation des déficits d’enneigements. Les mois du printemps et de l’été étant en effet les plus affectés par la diminution de la couverture neigeuse hémisphérique au fil des décennies.

Source : Rutgers University.